En novembre dernier, le Parisien sortait une enquête assez peu approfondie sur les e-liquides au CBD, qualifiés en toute bêtise de "joints électroniques". L'angle de l'enquête, très orientée "cannabis", aura suffi à poser de nombreuses questions, et à donner aux autorités la volonté de réguler les produits.

 

Soyons clairs. La régulation du CBD (et pas que des e-liquides) est une demande de toute la filière professionnelle (et donc aussi de Chanvre à part). Une régulation permettrait en effet de minimiser la quantité de produits douteux, encore trop nombreux sur le marché, et pour les professionnels, d'avancer dans un cadre défini, toujours plus rassurant qu'un grand flou généralisé.

 

C'est dans ce contexte que le RESPADD (Réseau de Prévention des Addictions) a émis un avis consultatif dans lequel ont été listés de nombreux points de régulation du Cannabidiol dans un e-liquide. Voici cette note dans son intégralité.

 

 

Soulignons déjà que la majorité des points vont dans le bon sens et sont même déjà respectés par les principaux professionnels du secteur. Tout ça apportant au passage la preuve que leur démarche était bonne. Mais quelques points restent cependant regrettables :

 

1 - Le CBD doit provenir uniquement de chanvre Européen à teneur en THC < 0,2%

 

Si le marché du CBD est à ce point en retard en Europe, c'est justement parce que le chanvre qui y est cultivé n'est pas le plus adapté à la production de CBD de qualité. Idéalement, celle-ci nécessite des souches de chanvre différentes de celles utilisées pour produire de la fibre et des graines. Or, les souches autorisées à la culture en Europe sont en nombre restreint, et aucune d'elles n'est optimale pour la production de cannabidiol. La production de CBD n'est pas impossible en Europe et elle reste malgré tout très active, notamment dans certains pays comme la Républiue Tchèque. Mais en l'état, ces règlementations limitent la qualité de la production de CBD en Europe. Dommage pour le consommateur final...

 

On peut noter au passage que ce projet de régulation interdirait purement et simplement l'importation de e-liquides au CBD en provenance des Etats-Unis par exemple, alors que le marché y est extrêmement dynamique et les produits très qualitatifs. Idem pour les e-liquides venant de Suisse, puisque les variétés de chanvre qui y sont cultivés contiennent moins 1% de THC, mais le plus souvent plus de 0,2%. Une forme de protectionnisme qu'on ne trouve même pas sur les cigarettes classiques...

 

2 - Les e-liquides au CBD ne peuvent contenir d'autres cannabinoïdes

 

Pour faire simple, on peut diviser les produits au CBD en 2 catégories, que ce soit les e-liquides ou les huiles sublinguales :

  1. - Les produits à base de CBD pur à 99%
  2. - Les produits full spectre contenant le CBD de la fleur, mais aussi l'intégralité du spectre des autres cannabinoïdes qu'elle contient

 

Cette 2ème catégorie est reconnue pour sa meilleur efficacité car il est acquis de tous les connaisseurs du CBD que celui-ci est bien plus efficace et naturel quand il est entouré de ses congénères, même en très moindre quantité. On pourrait redouter la présence de traces de THC dans ces extraits mais de nombreux producteurs arrivent aujourd'hui à éliminer toutes traces de THC dans leurs extraits, permettant de garder les avantages et de supprimer l'ensemble des inconvénients.

On peut se demander pourquoi ce projet de régulation du CBD envisage d'éliminer d'office les produits les plus prometteurs et les plus naturels, alors qu'ils auraient de toutes façons pu être soumis aux mêmes critères d'analyse que les e-liquides à base de CBD pur.

 

Conclusion

  

Si le principe d'une régulation des e-liquides au CBD va dans le bon sens, ce projet réussit en 2 point, a drastiquement limiter la qualité des produits qui seront mis sur le marché français à l'avenir. Nous pouvons aussi être certains que la fraude sera difficilement détectable, puisqu'il est à ce jour quasiment impossible de remonter l'origine d'un gramme de CBD purifié à 99%. Mais on peut surtout regretter que le cas du CBD ne soit abordé qu'au travers des e-liquides, alors que les autres produits sont tout simplement ignorés. Reste à attendre quelle sera la régulation finalement appliquée, mais aussi quand elle interviendra.